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La Coupe du monde 1974 reste la plus grande victoire du Kaiser. Organisée en Allemagne, elle est censée permettre à la Mannschaft de remporter le trophée après vingt ans de disette. L'équipe est à l'époque au sommet de son talent. Le sélectionneur Helmut Schön a enfin laissé Beckenbauer jouer au poste de libéro, après la retraite de Willi Schulz en 1970 et lui a confié le capitanat de la sélection en 1971. En plus de Beckenbauer, nommé Ballon d'Or en 1972, la sélection compte aussi un autre joueur auréolé du titre de meilleur joueur européen: Gerd Müller. La Mannschaft a aussi remporté de manière brillante la Coupe d'Europe des nations 1972. Le Bayern Munich a pour sa part, décroché son premier titre de champion d'Europe juste avant le début du tournoi.
Pourtant, dès le début de la compétition, l'équipe fait pâle figure et essuie même une défaite historique contre leurs modestes compatriotes de la RDA. En coulisses, la Mannschaft est minée par les tensions entre les joueurs, formant des clans au sein de l'effectif. La sélection ouest-allemande est composée à l'époque, de joueurs évoluant principalement au Bayern Munich (Beckenbauer, Sepp Maier, Gerd Müller, Paul Breitner, Uli Hoeness) et au Borussia Mönchengladbach (Günter Netzer, Jupp Heynckes, Berti Vogts, Herbert Wimmer), deux clubs qui entretiennent une forte rivalité en championnat. Il y a aussi des tensions avec la fédération à propos des primes de match.
Beckenbauer va montrer au milieu de ce chaos ses qualités de meneur d'hommes et son autorité qui préfigureront sa future carrière de sélectionneur et de président de club. Il reprend les rênes de l'équipe, écarte certains cadres comme Günter Netzer et par ses initiatives se substitue au sélectionneur Helmut Schön qui perd de son autorité. Paradoxalement, leur défaite contre la RDA leur porte chance puisque cela leur permet d'éviter de jouer contre des nations réputés très fortes comme le Brésil, l'Argentine ou les Pays-Bas dans le deuxième tour de qualification.
Petit à petit, l'Allemagne monte en puissance et se hisse en finale non sans quelques difficultés. Leur parcours dans un groupe de qualification moins relevé, ne leur offre pas un statut de favori. Beaucoup d'observateurs voient la victoire des Pays-Bas de Johan Cruyff qui ont surclassé l'Argentine (4-0) et le Brésil (2-0).
Lors de la finale, le 7 juillet 1974, contre toute attente, la Mannschaft de Beckenbauer domine les Pays-Bas de Cruyff pourtant donnés largement favoris. Menés dès la première minute par un penalty de Johan Neeskensconsécutif à une faute sur Cruyff, les allemands réussissent à faire déjouer les hollandais et à leur imposer leur rythme. Johann Cruyff, si dangereux lors des matchs précédents, est muselé par Berti Vogts. Paul Breitnerégalise sur pénalty (25 e min), et Gerd Müller (43e min) donne l'avantage à l'équipe d'Allemagne. Cruyff et ses compatriotes n'arriveront plus à inverser le cours du match. Le Kaiser, contrairement à ses habitudes, ne montera qu'une fois à l'attaque pendant ce match : pour tirer un coup franc. Le reste du temps, il s'attachera, comme la majorité de l'équipe, à bloquer les offensives hollandaises.
Beckenbauer n'a pas été le joueur le plus brillant de la compétition, mais son influence dans l'équipe et son leadership ont été essentiels à la victoire finale.
Les années qui suivent la Coupe du monde voient le Kaiser affirmer la suprématie du football allemand sur l'Europe. Après sa première Coupe des clubs champions européens en 1974, le Bayern Munich remporte celles de 1975 et 1976. Le club bavarois n'est pas toujours souverain sur le terrain: en 1975, la Coupe des champions est l'une des rares satisfactions d'une saison décevante qui a vu le Bayern finir à la dixième place du classement. Néanmoins, Beckenbauer et le Bayern Munich font toujours preuve de réalisme lors des matchs importants, à l'image de la finale de la Coupe d'Europe des champions 1976 où malmenés par l'AS Saint-Étienne, les bavarois réussissent à marquer le but de la victoire.
Parfois, ce réalisme leur fait défaut. Ainsi, à l'Euro 1976, la RFA de Beckenbauer échoue en finale aux tirs aux buts contre la Tchécoslovaquie, manquant de peu de s'adjuger trois titres d'affilée: Euro 1972, Coupe du monde 1974 et Euro 1976. Après la défaite en finale de la Coupe d'Europe en 1976, le Kaiser décide de quitter le Bayern Munich pour rejoindre l'équipe américaine du New York Cosmos. Le joueur allemand, sevré de titres, ne tente pas le défi américain pour gonfler son palmarès (il remporte tout de même trois Soccer Bowl en 1977, 1978 et 1980) mais plutôt son compte en banque. L'équipe américaine fait des ponts d'or aux stars du football. Beckenbauer jouera d'ailleurs aux côtés de Pelé et même, le temps de deux matchs amicaux d'avant saison, avec Johan Cruyff, attiré aussi à l'époque par les dollars américains.
Cet exil américain pousse la fédération allemande à ne plus sélectionner le joueur. Beckenbauer dispute son dernier match international le 23 février 1977 contre la France. Il arrête sa carrière internationale à 31 ans et 103 sélections (record de sélections en équipe de RFA à l'époque).
En 1980, il revient en Allemagne dans le club du Hambourg SV et remporte un dernier championnat en 1982. Il jouera une dernière saison avec le Cosmos en 1983 avant de se retirer définitivement.
En 1984, Franz Beckenbauer est nommé entraîneur-sélectionneur de l'équipe de RFA. Il mènera deux fois la Mannschaft en finale de la Coupe du Monde, perdant en 1986 et l'emportant en 1990 à chaque fois contre l'Argentine de Diego Maradona. Il est à signaler que l'équipe d'Allemagne de 1990 était la dernière qui ne comprenait pas de joueurs de la RDA.
Il est, avec Mário Zagallo, le seul à avoir gagné la Coupe du Monde en tant que joueur et en tant qu'entraîneur.
Bernard Tapie l'engage en septembre 1990 comme entraîneur de
l'Olympique de
Marseille. Il quitte rapidement le club en 1991, remplacé par Raymond Goethals.
Il s'engage comme entraîneur au Bayern Munich en décembre 1993, et gagne le Championnat d'Allemagne en 1994. En avril 1996, il reprend les rênes du club bavarois et gagne la Coupe UEFA en juin de la même année.
Depuis 1994, il était président du Bayern Munich et également
depuis 2002, président du conseil de surveillance du club bavarois. Mais depuis le 27 novembre 2009 il est devenu président d'honneur du conseil de surveillance du club laissant son poste de
président à Uli Hoeness. Ses qualités de gestionnaire, son influence sont à l'origine des périodes fastes du Bayern Munich, concrétisées par les titres de champion d'Allemagne (5 depuis 2000) ou
la victoire en Ligue des
Champions en 2001. Très influent dans le milieu du football et bénéficiant d'une grande aura médiatique, il n'hésite jamais à donner son avis sur le Bayern Munich, l'équipe
d'Allemagne ou le football en général, encensant ou fustigeant le jeu d'une équipe ou certains joueurs.
Franz Beckenbauer a aussi été à la tête du Comité d'organisation de la Coupe du monde 2006 et est régulièrement un consultant pour le Bild. Il a brigué pendant un temps la présidence de l'UEFA et était présenté comme le rival de Michel Platini à ce poste.
Beckenbauer a laissé l'image d'un joueur complet, à la fois talentueux techniquement et intelligent tactiquement. Sur le terrain, il dégageait par sa conduite de balle, une certaine élégance qui aux yeux de certains de ses adversaires passait pour de l'arrogance. Bien qu'il ne fut jamais un grand buteur, son incidence sur le jeu offensif de son équipe était réelle et il officiait souvent comme un véritable meneur de jeu. Il avait une excellente vision du jeu et distribuait des passes très précises. Très adroit techniquement et dans les dribbles, il profitait de sa liberté sur le terrain pour monter balle au pied aux avants-postes pour distribuer le jeu ou placer des tirs puissants. C'était le joueur qui touchait le plus de balles pendant un match (de 100 à 120 ballons par match en moyenne). Beckenbauer était aussi le spécialiste de « l'extérieur du pied » : des passes liftées distillées au millimètre, qu'il effectuait sans contrôle.
Sa reconversion au poste de libéro à la fin des années 1960 ne fut cependant pas dictée au début par une volonté tactique. Si Franz Beckenbauer était un joueur techniquement très doué, il était en revanche beaucoup plus limité en endurance. Il apparut rapidement dès le début de sa carrière que le poste de milieu de terrain se révélait trop épuisant pour le jeune Franz, à la capacité pulmonaire assez faible. Si Helmut Schön attendit 1971 pour lui offrir le poste de libéro en sélection, alors qu'il évoluait à ce poste en club, c'est parce qu'il ne voulait pas écarter le vieux défenseur Willi Schulz. Même si Beckenbauer avait un rôle plutôt offensif pour un défenseur, cela ne l'empêchait pas d'être très efficace en défense. Par sa vision du jeu et sa liberté sur le terrain, il verrouillait les brèches derrière sa défense. Il dirigeait aussi ses coéquipiers des lignes arrière avec beaucoup d'autorité.
Le surnom « der Kaiser » lui fut attribué à partir de 1968. Beckenbauer raconta que l'origine de ce surnom est liée à une photo prise par des journalistes lors d'un match amical à Vienne en Autriche. Sur le lieu où se déroulait la session photo, il y avait un buste de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche (en allemand Kaiser Franz Joseph I) à côté duquel Beckenbauer prit la pause. Les journaux publièrent la photo avec comme titre Fußball Kaiser (l'empereur du football). L'aura du footballeur ainsi que son prénom, Franz popularisa alors le surnom.
Parmi les moments forts de sa carrière, on retiendra notamment :
Bien qu'on associe souvent Beckenbauer au numéro 5 qu'il portait sur son maillot lors la victoire en Coupe du monde 1974, le Kaiser n'avait pas à l'inverse de Cruijff, Platini ou Maradona, de numéro qui lui était spécifiquement attribué. Lors des Coupes du monde 1966 et 1970, il portait le numéro 4 et lorsqu'il jouait au Cosmos New York, il portait le numéro 6.

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